Le soleil, énergie renouvelable inépuisable

Publié le par Nicolas Drugmand

Le soleil constitue une source d’énergie gratuite, propre et suffisamment disponible en Belgique.

Tel est le message véhiculé depuis quelques années par la Région wallonne en faveur des chauffe-eau solaires. Actuellement, les technologies permettent de valoriser cette énergie pour la transformer en un maximum de chaleur.

Les utilisateurs de l’énergie solaire peuvent non seulement accumuler la chaleur, mais aussi les primes :

- 1500 euros pour 4m² de panneaux solaires + 100 euros par m² supplémentaire offerts par la Région wallonne
- 619,73 euros de la Province du Hainaut
- Une prime de la commune jusqu’à 750 euros


Le fisc y va également de sa poche puisque l’on peut aussi obtenir une réduction d’impôts de 40% du montant de l’investissement.


A considérer également : le revenu cadastral n’est pas augmenté lors du placement de panneaux solaires et  le permis d’urbanisme n’est pas nécessaire dans la majorité des cas.

Méfiez-vous des imitations…

Se lancer dans le solaire ne doit cependant pas être une démarche impulsive orientée par l’appât des primes. Il doit s’agir avant tout d’une conviction et d’un engagement pour des valeurs respectueuses de l’environnement (ou politiques si l’on considère les enjeux liés au pétrole).

Le solaire est donc un choix de la raison et du cœur. Mais au fait, est-il vraiment raisonnable ?

La Belgique bénéficie de plus de 1550 heures d’ensoleillement direct sans nébulosité par an. Cela représente 40% de l’énergie que l’on pourra récupérer, le rayonnement diffus lors de la présence de nuages permettra de récupérer 60% d’énergie supplémentaire.
Le rayonnement solaire sur la Belgique lui apporte une énergie correspondant à 50 fois la consommation énergétique nationale.
Pour un mètre carré, l’énergie reçue du soleil est de ~1000 kWH/an (ce qui est plus de la moitié de ce que l’on aurait en Espagne).
L’exploitation de cette énergie tombe sous le sens. Reste à installer un équipement qui garantira le bon transfert entre ce rayonnement et le circuit d’eau courante de l’habitation.

Bien que le principe soit alors très simple, l’aspect crucial reste quand même que l’on obtienne de l’eau chaude à souhait sans avoir recours à une grande quantité d’énergie d’appoint.

Certes, l’énergie solaire ne comblera pas tous les besoins. On ne peut pas vivre exclusivement au rythme du soleil et ne se laver que les soirées des journées ensoleillées.

La chaudière traditionnelle comblera donc les caprices de l’astre radieux, spécialement en plein mois de janvier, qui ne préchauffera l’eau que de 10 à 18%.
Par contre, durant les 6 mois les plus chauds de l’année, on comptera bien couper le chauffage central.

Voici donc traduit en objectifs mesurables une attente légitime concernant un investissement important et de longue durée.

Pour arriver à ces fins et réussir l’installation de votre chauffe-eau solaire, assurez-vous d’une solution bien pensée, mise en œuvre avec une grande rigueur.

Et comment ça marche ?

L’installation se compose des éléments suivants :
- des capteurs solaires qui transmettent l’énergie solaire à un fluide : il existe plusieurs méthodes, mais en gros, vous obtenez le même effet que quand vous laissez votre bouteille d’eau sur le tableau de bord de votre voiture par grand beau temps.
- Un circuit primaire avec un circulateur: le fluide ainsi chauffé va permettre via un échangeur de chauffer un réservoir d’eau sanitaire de plusieurs centaines de litres (le boiler).
- C’est dans ce ballon que sera puisée l’eau chaude de consommation.


Comme vous l’aurez compris, ce schéma est fortement simplifié. Mais remarquez cependant que l’eau de consommation n’est pas directement chauffée par le soleil.
Les raisons en sont les suivantes :

- l’eau pourrait geler en hiver
- l’eau pourrait bouillir en été
- il y aurait un dépôt dans les conduites et dans le panneau (calcaire)
- l’oxydation réduirait la durée de vie du système

Le fluide dont on a parlé est donc ‘autre chose’ que de l’eau. Il s’agit en fait d’eau glycolée (qui ne gèle pas à 0°c, qui ne bout pas à 100°c, qui n’est pas acide ni corrosive).

La température dans le capteur peut évoluer de -10°c à 200°c. Même si le fluide est étudié pour, il en résulte pourtant des phénomènes de dilatation importants. Un vase d’expansion est donc nécessaire pour absorber les surpressions, et en dernier recours, une soupape de sécurité protègera l’installation en cas de pression excessive.

Pour la sécurité des personnes, il est nécessaire de limiter la température d’eau de distribution à 60°c, on réalise cette condition à l’aide d’une vanne thermostatique qui réalisera le mélange entre l’eau (trop chaude) et l’eau froide.

Un choix idéal :
Une attention particulière aux différents constituants de l’installation :

A) le capteur : Presque la totalité des capteurs installés en Belgique sont du type capteur plan. Il est intéressant de consulter les études des associations de consommateurs avant de faire son choix ; d’année en année, la palme change de fabricant. Pour une famille moyenne (2 adultes + 2 enfants), une surface de capteurs de 4m² permet de subvenir à 60% des besoins en eau chaude. L’exposition idéale est bien entendu plein sud avec une inclinaison  entre 45 et 60%. Mais le système s’accommode d’un écart par rapport à ces valeurs moyennant une légère diminution de rendement.

B) Le boiler : Un boiler solaire n’a pas beaucoup de point commun avec les boilers traditionnels. Un boiler solaire est émaillé ou en inox, ce qui lui confère une résistance bien supérieure. Son isolation est également renforcée (enveloppe isolante de 8cm). Il est étudié pour apporter une excellente stratification de l’eau (l’eau chaude se concentre au dessus et ne se mélange pas à l’eau froide).  Enfin le boiler solaire est conçu pour permettre le chauffage à partir du circuit solaire mais également à partir d’une autre source d’appoint (chaudière mazout, gaz, bois, électricité…)

C) Une centrale électronique gère le transfert de chaleur et permet de contrôler l’efficacité de l’installation.

D) Pour le reste, l’isolation doit être soignée pour éviter les déperditions.  L’isolant doit avoir des propriétés particulières pour l’énergie solaire : résistance aux hautes températures, résistance aux UV et dégradations mécaniques (oiseaux, rongeurs…).

Une fois votre installation réussie, vous en profiterez plusieurs décennies avec un entretien minimum et une confiance indéfectible dans votre nouveau fournisseur d’énergie.

L’entretien minime consiste à garder propre les capteurs, vérifier la pression du circuit, s’assurer du bon réglage de la centrale et du circulateur. Le fluide caloporteur sera analysé chaque année afin de s’assurer qu’il conserve bien ses propriétés (mesure du Ph).

Chaleureusement vôtre,
Nicolas DRUGMAND (formateur agréé SOLTHERM)

Adresses utiles :
http://energie.wallonie.be
guichet de l’énergie : 078/15 15 40
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Publié dans Action citoyenne

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M
Bonne initiative pour la nature
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M
superbe article, bonnes idées, à creuser...
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