Les idées d'Alexis de Tocqueville : La liberté et la démocratie [1]

Publié le par FABRICE


Les idées d'Alexis de Tocqueville :
La liberté et la démocratie
par Léon Deries

     De toutes les passions, la passion de l'Egalité est la plus puissante et la plus répandue dans les âges démocratiques. C'est une passion universelle à la portée de toutes les âmes, même les plus frustes et les moins nobles parce que ce n'est guère qu'un instinct de la nature humaine : " L'égalité fournit chaque jour et à chaque homme une multitude de petites jouissances. Les charmes de l'égalité se sentent à tous les moments et ils sont à la portée de tous... La passion qu'elle fait naître doit donc être tout à la fois énergique et générale ". Il n'en est pas de même de l'amour de la Liberté. C'est au contraire une passion dont sont seules capables les natures d'élite parce qu'elle suppose une réelle élévation de l'esprit et du coeur, un véritable détachement des jouissances vulgaires et des biens matériels, un don de soi-même et une abnégation allant parfois jusqu'à l'héroïsme : " La liberté politique ne donne que de temps en temps à un certain nombre de citoyens, de sublimes plaisirs. "  La valeur des individus, des époques et des Sociétés se mesure donc à leur ardeur pour la liberté, à leur dévouement pour elle, qu'il s'agisse de la conquérir ou de la conserver.

     Qui n'aime pas la liberté ne saurait se faire une idée de cet amour, de ce " plaisir de pouvoir parler, agir, respirer sans contrainte sous le seul gouvernement de Dieu et des lois ".... " Ne me demandez pas d'analyser ce goût sublime, il faut l'éprouver. Il entre de lui-même dans les grands coeurs que Dieu a préparés pour le recevoir ; il les remplit et il les enflamme. On doit renoncer à le faire comprendre aux âmes médiocres qui ne l'ont pas ressenti ". 

     Lorsqu'un être humain est tout-à-coup privé d'air, il éprouve d'abord une gêne, puis une oppression, enfin, quand l'air continue à lui manquer, il tombe asphyxié. Il en va de même de celui qui aimant vraiment la liberté s'en voit subitement privé : " Vous ne sauriez comprendre l'espèce de malaise moral, l'angoisse de l'intelgence qu'on éprouve dans un pays où toutes les actions des hommes

 

sont gênées et contrariées, où non seulement on se tait, mais où le mouvement de la pensée est comme paralysé. Il me semble que je ressens dans mon esprit une souffrance analogue à celle que j'éprouvais il y a deux mois lorsque l'air me manquait et que je ne pouvais arriver à une respiration complète. "   - " La liberté me paraît tenir dans le monde politique la même place que l'atmosphère dans le monde physique. La terre est peuplée d'une multitude de d'êtres diversement organisés ; tous cependant vivent et prospèrent. Altérez les conditions de l'atmosphère, ils souffrent. Placez-les dans un autre milieu, ils meurent. "

 
Que voici une belle métaphore à méditer...

Bonne reflexion.
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(
ah tocqueville ! ça me rappelle mon année de bac, il y a 10 ans ! et la liberté, elle est essentiel, la mienne et celle des autres, liberté de pensée, liberté d'expression, liberté d'action et liberté de mouvement. mais ne dit-on pas : la liberté de l'un s'arrête ou commence celle de l'autre ". pas facile, nous n'avons pas tous la même conception de la liberté. à méditer effectivement.<br /> à bientôt<br /> chaperli
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